Quelques données

L’ELF donne accès à tout un réseau de programmes et de services en français en Ontario :

  • plus de 240 services de garde au sein des écoles de langue française ;
  • 12 conseils scolaires de langue française dans la province, dont 8 catholiques et 4 publics (laîcs) ;
  • 351 écoles élémentaires et 104 écoles secondaires desservant plus de 103 490 élèves ;
  • 2 collèges de langue française ayant plusieurs campus, 2 universités bilingues avec 3 institutions affiliées ou fédérées et 3 autres établissements d’enseignement postsecondaire offrant une éducation en languefrançaise à plus de 21 300 étudiantes et étudiants ;
  • plus de 370 programmes ou disciplines au palier postsecondaire (collèges et universités) ;
  • plus de 40 endroits offrant de la formation aux adultes (centres communautaires, conseils scolaires et collèges) ;

Données 2015-2016

Historique de l’ELF

Vidéo : Historique de l'éducation en langue française

XVIIe s.

  • L’éducation occupe une place centrale dans l’histoire de l’Ontario français. En effet, l’identité franco-ontarienne s’est construite en grande partie d’après une expérience éducative unique, et ce, dès le XVIIe siècle, sous le Régime français.

XIXe s.

  • Cependant, le premier grand débat scolaire en Ontario remonte à la fin du XIXe siècle et est axé sur la langue plutôt que sur la religion.

1844

  • En octobre 1844, Sir Charles Metcalfe, gouverneur général de la province, nomme le révérend Egerton Ryerson au poste de surintendant principal de l’éducation pour le Haut-Canada, poste le plus élevé du ministère de l’Instruction publique de la province.

1846-1876

  • Sous son règne de 1846 à 1876, des écoles françaises voient le jour un peu partout en Ontario.
  • Les enseignantes et enseignants sont d’origine québécoise et utilisent souvent les livres du Québec.
  • Après la création du ministère de l’Éducation en 1875 et la retraite de Ryerson en 1876, les choses se compliquent pour les Franco-Ontariens.
  • La création et le développement des écoles de langue française en Ontario deviennent graduellement des enjeux de luttes politiques.
  • Certains aspects agacent les Anglais :
    • la formation plus ou moins adéquate des maîtres ;
    • une connaissance plus faible de l’anglais ;
    • l’utilisation de manuels en provenance du Québec.

1885

  • Décrété matière obligatoire en 1885, l’anglais devient, en vertu d’un autre règlement de 1890, la langue d’enseignement dans les écoles ontariennes, sauf où cela s’avère impossible. Les écoles se transforment donc Englishécoles bilingues.
  • Au moyen de décisions politiques, les anglophones cherchent à limiter l’enseignement du/en français.

1908

  • En 1908, une commission présidée par l’inspecteur général des écoles ontariennes, F. W. Merchant, confirme que la qualité de l’éducation et de l’enseignement de l’anglais dans les écoles bilingues est inadéquate et recommande une meilleure formation des enseignantes et d’enseignants et l’introduction de l’anglais comme langue principale d’enseignement. Le gouvernement, plus préoccupé par la politique que par l’éducation, met plutôt l’accent sur la limitation de l’utilisation du français dans les écoles.

1910

  • En 1910, les Franco-Ontariens, devenus alors plus nombreux, fondent l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario pour promouvoir les intérêts du français. Dès le départ, ils se heurtent à l’opposition qui réclame l’enseignement en anglais seulement.

1912

  • Le 25 juin 1912, le ministère de l’Éducation promulgue le règlement 17, à la suite d’une enquête du Dr Merchant. Les principaux éléments de ce règlement se résument comme suit :
    • à partir de la 3e année, l’anglais est la seule langue d’enseignement et de communication dans les écoles bilingues, qu’elles soient publiques ou séparées ;
    • les enfants commencent l’apprentissage en anglais dès leur entrée à l’école ;
    • l’enseignement du français ne doit jamais remplacer ni nuire à l’enseignement de l’anglais.

Toutes les voies de tolérance et d’ouverture sont maintenant fermées. Bien que le règlement 17 signifie la mise en place d’une politique d’assimilation et d’intégration des francophones, il devient néanmoins le catalyseur de la mobilisation sociale et du sentiment d’appartenance à la nation canadienne-française qui se sent profondément menacée.

1912-1927

  • Les 15 prochaines années, jusqu’en 1927, sont le théâtre de luttes auxquelles participent de nombreux hommes politiques et les plus hautes instances du clergé.

1927

  • Ce n’est qu’en 1927, à la suite du rapport de la commission Scott-Merchant-Côté, que le gouvernement ontarien établit un système d’écoles primaires bilingues où le français devient la principale langue d’enseignement (le français et l’anglais ont la même considération comme langue d’enseignement et de communication).
  • Bien que soit maintenant reconnu le droit d’enseigner en français dans les écoles élémentaires de l’Ontario, la lutte pour qu’il en soit ainsi dans les écoles secondaires se poursuivra jusqu’en 1968.

1967

  • En 1967, le premier ministre de l’Ontario, John Robarts, annonce la mise sur pied d’écoles secondaires publiques de langue française en Ontario.
  • C’est donc à partir de 1969 que les lois ontariennes autorisent l’enseignement du français dans les écoles de langue française aux paliers élémentaire et secondaire.

1977

  • En 1977, le ministère de l’Éducation de l’Ontario annonce la nomination du premier sous-ministre adjoint responsable de l’éducation en langue française.

1981

  • En 1981, le Centre Jules-Léger est créé pour subvenir aux besoins d’élèves francophones ayant des difficultés d’apprentissage.

1982

  • Adoptée en 1982, l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés reconnaît aux minorités de langues officielles le droit à l’éducation pour leurs enfants, dans leur langue maternelle, et ce, là où le nombre le justifie.

1984

  • En 1984, les francophones de l’Ontario reçoivent un appui majeur lorsque certaines dispositions de la Loi sur l’éducation de la province sont jugées inconstitutionnelles par la Cour d’appel de l’Ontario. On voit, peu après, la création du premier conseil scolaire de langue française à Toronto, suivi de ceux d’Ottawa-Carleton et de Prescott-Russell.

1986

  • En 1986, promulgation de la loi sur la gouvernance scolaire donnant aux francophones la gouvernance entière et exclusive de leurs écoles de langue française et des unités d’enseignement.

1990

  • En 1990, ouverture de la Cité collégiale (Ottawa), premier collège d’arts appliqués et de technologie de langue française en Ontario.

1991

  • En 1991, le ministère de l’Éducation de l’Ontario crée la Direction des politiques et programmes d’éducation en langue française (DPPÉLF). Cette direction est chargée d’élaborer les politiques, d’adapter ou de produire les programmes et les ressources nécessaires à l’offre d’une éducation et de services de qualité dans toutes les écoles élémentaires et secondaires de langue française dans la province. 

1995

  • Puis, en 1995, ouverture de deux collèges de langue française : le Collège Boréal et le Collège des Grands Lacs, et d’un site permanent pour le campus de La Cité collégiale. Il faut noter qu’en 2002-2003 le Collège d’arts appliqués et de technologie des Grands Lacs a cessé ses activités.

1997

  • Il faudra toutefois attendre jusqu’en 1997 pour que le gouvernement ontarien crée, avec la loi 104 - Loi de 1997 réduisant le nombre de conseils scolaires, des conseils scolaires de langue française à l’échelle de la province. Ces conseils scolaires de langue française, soit quatre publics et huit catholiques, verront le jour le 1er janvier 1998. Ils sont également assurés d’un financement équivalent à celui des conseils scolaires de langue anglaise.
  • Après de longues années de lutte et de revendications, la communauté francophone de l’Ontario obtient enfin la gestion de ses propres écoles de langue française élémentaires et secondaires.

2004

  • C’est en 2004 que le gouvernement lance la Politique d’aménagement linguistique (PAL) en vue de renforcer l’éducation de langue française en Ontario. Cette politique vise à promouvoir la langue et la culture françaises, à améliorer le rendement des élèves, à favoriser le cheminement de l’identité culturelle francophone des élèves et à élargir l’espace francophone en Ontario en vue d’assurer la viabilité de la communauté francophone de l’Ontario.
  • Au début de l’année 2004, le ministre de l’Éducation de l’époque crée le premier Groupe de travail sur une stratégie en matière d’éducation en français, ayant comme mandat spécifique d’étudier les problématiques uniques à l’éducation en langue française et de lui soumettre des recommandations en vue d’assurer le succès à long terme de l’éducation en langue française en Ontario. Ces recommandations ont permis, dans les années subséquentes, un investissement significatif en éducation destiné aux conseils scolaires de langue française.

2006

  • En 2006, en reconnaissance de la contribution importante de l’éducation en langue française en Ontario, le gouvernement annonce la mise sur pied d’un Groupe de travail permanent qui sera chargé de promouvoir la culture de langue française, de freiner l’assimilation et d’accroître la réussite des élèves francophones. Le travail concerté des chefs de file du secteur de l’éducation en langue française et de la communauté francophone a mené à 21 recommandations touchant des enjeux spécifiques à l’éducation en langue française et à l’adoption de toutes les recommandations par la ministre de l’époque.

2007

  • Le 24 mai 2007, le sous-ministre au ministère de la Formation et des Collèges et Universités, annonçait la création de l’Unité du continuum de l’apprentissage en langue française, au sein de la Direction des politiques et programmes d’éducation en langue française du ministère de l’Éducation. Cette nouvelle unité, qui travaille au sein des deux ministères, a pour mandat de répondre aux besoins des élèves, des étudiant(e)s et des apprenant(e)s des écoles secondaires de langue française, des établissements de langue française et bilingues ainsi que des agences communautaires de langue française.
  • Comme la Direction des politiques et programmes d’éducation en langue française assure maintenant un continuum d’éducation en français de la petite enfance jusqu’au postsecondaire et des besoins en formation, les deux groupes de travail existants de chaque ministère ont été fusionné pour former le Groupe de travail permanent EDU-FCU sur le continuum de l’apprentissage en langue française. Ce Groupe de travail s’apprête à soumettre prochainement aux ministres de l’Éducation et de la Formation et des Collèges et Universités une série de recommandations touchant :
    • le positionnement optimal des écoles de langue française ;
    • l’immigration ;
    • la transition du secondaire au postsecondaire.